Le groupe de l'atelier mémoire

1.   Présentation de l'exposition

« Le sport a le pouvoir de changer le monde. » La citation de Nelson Mandela ouvre l’exposition Les Rebelles du sport réalisée par onze élèves de l’atelier mémoire du collège Jean- Racine d’Alès et leur professeur durant deux années scolaires. En appréhendant la notion de résistance par un prisme différent, l’exposition présente des sportifs du monde entier qui, à travers leurs sports, de la Seconde Guerre mondiale à aujourd’hui, ont lutté pour la liberté et contre les discriminations, à l’Est, aux États-Unis, en tant que femmes, footballeurs, personnes handicapées et malades, et dont le combat reste d’actualité.


 
Dans une première partie, Portrait de sportifs, parcours de rebelles, chaque affiche est composée d’une brève biographie rédigée par le professeur, illustrée par une photo et agrémentée d’une citation propice à la réflexion. La rubrique « Paroles d’ados » met en relief le ressenti des élèves sur ces parcours de vie. Enfin, le QR Code renvoie à une courte vidéo pour donner de l’interactivité.


La seconde partie, Valeurs de rebelles, valeurs d’exemples,
recense, sous la forme d’un nuage de mots, les valeurs défendues et les qualités affichées par ces rebelles.


 Dans une troisième partie réflexive, Regards de rebelles, les adolescents de l’atelier mémoire jettent des ponts entre engagement et résistance, entre sport et citoyenneté, pour donner à réfléchir et former des esprits libres.

Symboliquement, avec son association La S.E.P Nous Rallye, Nell Bonnet, atteinte de la sclérose en plaques, est la marraine de l’exposition. Elle participera, en mars 2018 au Maroc, avec sa cousine Catherine Zakel, au rallye des Gazelles.

2.   Les affiches de l'exposition officielle

Retrouvez dans la galerie l'album complet de toutes les affiches de l'exposition officielle "Les Rebelles du sport"...

3.   Pages de rebelles

4.   Les affiches au Mémorial de la Résistance

Retrouvez dans la galerie toutes les affiches présentées au Mémorial de la Résistance en Vercors...

5.   Regard de prof

Au sein de l’atelier mémoire, avec des élèves tous volontaires et en groupe réduit, nous menons des projets culturels et citoyens depuis de nombreuses années. Quels sont leurs objectifs ? Quelles sont leurs finalités ? Les différentes initiatives, menées depuis 2008, longues à aboutir et s’étalant sur deux années scolaires, voudraient conduire des adolescents à sortir du canevas tissé par le professeur, à les bousculer aussi, à leur faire franchir le cap de la simple production scolaire pour faire émerger leur propre réflexion sur des parcours de vie résistants, d’hommes et de femmes très différents, mais pourtant si proches par la lumière qu’ils dégagent, les faire penser par eux-mêmes loin de tout formatage afin qu’ils forgent leur propre conscience. J’ai l’intime conviction que leur donner la possibilité de réfléchir sur l’exemplarité, l’humilité, l’engagement, le courage, la solidarité, la dignité, la citoyenneté, mais aussi sur leurs propres limites est très formateur et salutaire pour leur esprit, c’est aussi très éloigné des contingences et des programmes scolaires. Je souhaiterais que l’atelier mémoire soit un espace de liberté, de réflexions et d’échanges, sans renier le rôle de l’école qui apporte les matériaux à la compréhension du monde, que les élèves y développent leur esprit critique, qu’ils deviennent des esprits libres et responsables, tout simplement, qu’ils soient les « capitaines » de leurs vies. Je veux surtout les mettre en valeur, que leurs voix puissent être entendues, qu’elles fassent écho, que leurs réflexions, souvent pertinentes et éclairées, aident chacun d’entre nous dans sa propre construction, qu’elles prolongent un débat sans fin, qu’elles permettent d’avancer tous ensemble dans une quête existentielle, car l’essentiel n’est-il pas de donner à réfléchir et de s’enrichir de la différence d’autrui pour construire un monde meilleur ? Mon engagement dans les projets menés est total, désintéressé et entièrement bénévole, ma détermination y est très grande, car l’important c’est l’autre. La liberté dont je jouis, je la dois à toutes ces femmes et à tous ces hommes qui ont fait passer l’intérêt général avant le leur. J’ai une dette envers eux et l’on se doit de les mettre en lumière, et de partager leurs parcours de vie avec des adolescents en construction. Il en ressort une grande richesse éducative et des leçons de vie.

6.   Regards sur le projet

Souvent je me suis posé la question de l’impact de telles initiatives, si elles jouaient un rôle dans la construction des adolescents, si elles leur permettaient de mieux se situer. Que pensaient les élèves de leur participation dans les projets de l’atelier mémoire ? Quelle était l’opinion de leurs parents ? Quel regard portaient des témoins, qui interviennent dans les classes auprès de collégiens, sur les travaux menés ?

Des témoignages et des vidéos dans la galerie sont à découvrir...

Anna Onysczak, élève de 1re S au lycée Prévert de Saint-Christol-lez-Alès, qui a participé à l’exposition De la Résistance aux résistances : « J’ai retiré de ce travail des valeurs, je me souviens encore de toute cette émotion, de la tristesse mélangée à de la fierté, en lisant le parcours de toutes ces vies. J’ai appris qu’il ne faut jamais avoir peur, c’est lorsque l’homme a peur qu’il est lâche et cautionne le pire. On peut se dire, après avoir lu tout cela, que nous n’avons encore rien vécu, rien fait dans notre vie. Nous ne sommes que des êtres humains, le futur devant nous, mais avec trois mots gravés dans le cœur : “RÉSISTER, LIBERTÉ, DIGNITÉ”. Ma personnalité a changé, j’essaie à chaque action d’être la plus juste possible et de ne jamais rien regretter. Mon regard sur l’avenir est plutôt positif. Dans le futur, je resterai telle que je suis, avec toujours une multitude de mots à l’esprit comme : “dignité, liberté, solidarité, courage, combativité, égalité, ténacité”. Si, un seul jour, il m’arrivait de vouloir tout abandonner, de fermer les yeux, je me souviendrai de l’atelier mémoire, de ces deux années qui ont permis à mon esprit de changer, d’évoluer et je serai alors plus combative que jamais. J’espère être une citoyenne humble, qui saura taper du poing sur la table lorsqu’il le faudra, et qui aidera les autres, des amis comme des inconnus. »

Théo Castano, élève de 1re S au lycée Daudet de Nîmes, a lui aussi participé au projet De la Résistance aux résistances : « Je pense que ce travail m’a permis d’ouvrir les yeux et d’avoir un regard plus critique sur la résistance, mais aussi sur le monde. Cela m’a permis de m’instruire et d’apprendre certaines choses que je n’aurais jamais apprises en classe au collège. L’atelier mémoire est un moment de partage où l’on a appris à sortir du cadre scolaire sans le bachotage habituel, mais avec notre réflexion personnelle. J’espère que plus tard il n’y aura plus de guerres, plus de catastrophes, que l’on sera tous égaux. Malheureusement, je sais que ce monde rêvé ne peut pas exister, car il y aura toujours sur terre des hommes prêts à tout pour le pouvoir, l’argent... Mais j’espère que si, un jour, il faut résister à la barbarie, je ne resterai pas les bras croisés. J’espère aussi pouvoir aider les plus démunis. Je ne veux pas devenir un super-héros ni un grand homme, je veux simplement pouvoir faire du mieux que je peux pour aider les autres. »

Isabelle Vigne, parente d’un élève de l’atelier mémoire : « Un atelier mémoire… En quoi cela consiste-t-il ? À qui cela s’adresse-t-il ? Dans quel but ? Autant de questions que je me suis posées lors de l’inscription de mon fils collégien à cet atelier. Un atelier mémoire… Pour découvrir de grands hommes et femmes qui ont fait, et qui font tant encore, de belles actions pour l’humanité. Mais aussi, pour ne pas oublier la guerre, l’oppression des peuples, la violence, le fanatisme… partout dans le monde, depuis toujours. Un atelier mémoire… Dont nos enfants ressortent grandis, réfléchis, pour devenir de jeunes adultes responsables et respectueux de l’autre et de ses différences. Un atelier mémoire… Pour nous ouvrir les yeux sur ce que l’homme a de meilleur en lui, Mais aussi, ne pas oublier ce qu’il a de pire, sa part d’ombre… Un atelier mémoire… Dans lequel un professeur pense que la curiosité, la réflexion et le savoir sont de grands trésors pour que nos générations futures construisent un monde meilleur. Résister, c’est faire ressortir ce que l’homme a de meilleur en lui, Et gommer à tout jamais sa part d’ombre… »

Suzanne Spiler, enfant cachée juive sous l’Occupation : « Tous manifestent unanimement leur volonté de devenir des hommes et des femmes citoyens du monde, fraternels, humains, tolérants, généreux, épris de justice et d’amour envers autrui et ils espèrent devenir plus tard des personnes dignes et responsables capables de se révolter et de défendre leurs valeurs. Avant ces ateliers mémoire, aucun n’imaginait ce qu’il allait découvrir, à quel point ceux-ci allaient leur être bénéfiques, leur dessiller les yeux, leur permettre de réfléchir et développer leur esprit critique, d’affirmer leur personnalité et leur conscience. C’est à travers la connaissance poussée vers le haut que l’on apprend à éveiller et à élever son esprit. »